Birmanie : la désobéissance civile s’étend après le coup d’Etat militaire

Written by on 7 février 2021


A Mandalay, le 7 février.


A Mandalay, le 7 février. AP

Moins d’une semaine après le coup d’état militaire du 1er février, des dizaines de milliers de Birmans ont défilé, samedi 6 et dimanche 7 février, dans les rues de plusieurs grandes villes du pays, démontrant en masse la volonté de la population de refuser le retour de l’armée au pouvoir.

Ces journées de résistance pacifique, surtout celle de dimanche, marquent la naissance d’un mouvement de désobéissance civile d’ampleur nationale après l’organisation de manifestations sporadiques dans Rangoun, la capitale économique, et Mandalay, la deuxième ville du pays, au cours de la semaine écoulée. Chaque soir, des concerts de casseroles, traditionnellement destinés à chasser les mauvais esprits, étaient adressés aux « diables » à casquette et galons, amorçant l’ébauche d’une protestation collective.

« On ne peut pas accepter ce coup d’Etat »

Manifestation dans le centre de Rangoun, le 7 février.


Manifestation dans le centre de Rangoun, le 7 février.
Manifestation dans le centre de Rangoun, le 7 février. AP

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Des vidéos envoyées au Monde dimanche montrent une foule nombreuse sur la rue de la pagode Sule, où des milliers de personnes défilent derrière une grande oriflamme rouge frappée d’un paon doré, symbole de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti de l’ancienne dissidente devenue dirigeante, Aung San Suu Kyi, aujourd’hui assignée à résidence à Naypyidaw, la capitale du Myanmar, nom officiel de la Birmanie. « Nous ne voulons pas de dictature militaire ! Nous voulons la démocratie », scandait la foule. Qui ajoutait en chœur :

« Libérez Suu Kyi ! »

« On ne peut pas accepter ce coup d’Etat », déclarait, dans la foule d’une autre manifestation organisée ailleurs dans Rangoun, un jeune de 25 ans, venu avec une dizaine d’amis. « Nous sommes descendus dans la rue car c’est notre futur qui est en jeu. »

C’est partout le même discours, la même expression de colère. La veille, un étudiant de l’université de Rangoun, Ko Wai Yan Tun, confiait au quotidien The Irrawaddy, qui fut longtemps la voix de la dissidence en exil au temps de la dictature : « Le risque importe peu, l’avenir du pays est en jeu. » Une jeune femme de 27 ans, Ma Htet Htet, témoignait du fait qu’elle était venue se joindre aux manifestations car la Birmanie est désormais engagée dans une « guerre du peuple » contre l’armée.

A Mandalay, des centaines d’étudiants et de médecins se sont rassemblés dans le centre pour protester contre l’armée, écrit l’agence Reuters, tandis qu’une manifestation d’une centaine de jeunes à motos a eu lieu à Moulmein, capitale de l’Etat Mon, dans le sud du pays. Des rassemblements ont également été signalés dans la capitale, Naypyidaw, à Dawei, dans le grand sud, à Monywa et Magway, dans le centre, dans deux grandes villes de l’Etat shan, comme Lashio et Taunggyi. A Myawaddy, sur la frontière thaïlandaise, des heurts ont eu lieu entre manifestants et policiers.

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